J'avais trouvé cette annonce un peu par hasard. J'avais suivi Esther à Lygon St pour reprendre des annonces, j'ai gribouillé mon carnet, en essayant de repérer les annonces marrantes, qui sortaient un peu de l'ordinaire. J'en aperçois une, tout en haut, où ils disent faire du pain et de la bière. Puis une des colocs s'appelle Stella. L'idée de dire "ma coloc s'appelle Stella", ca me plaît. Appel, RDV fixé.
C'était un lundi, vers 18h. Il pleuvait à torrents, et comme j'avais l'habitude de me perdre j'étais partie pour une fois plus tot que d'habitude. Sauf que cette fois, je l'ai trouvée tout de suite. J'étais donc en avance, pour une fois, et je voulais pas faire la sotte qui arrive en avance donc j'essayais de rester dignement sèche sous mon parapluie H&M pas habitué aux bourrasques melbourniennes. J'avais noté avec satisfaction que de l'autre côté de la rue, il y avait un immense parc. La façade était étroite, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Lassée de faire semblant d'être une fille cool qui arrive 5 minutes en retard, j'appelle Jon qui m'ouvre la porte. Un long corridor, trois vélos qui se suivent, la maison est vieille, je suis partagée. puis, devant les escaliers qui mènent à l'étage, un superbe nu dessiné au fusain surplombe un vieux fauteuil mou recouvert d'un tissu coloré. enfin, je rentre dans la cuisine. Un poster (plus tard, Jon m'avouera l'avoir volé dans une exposition -un tout ptit peu saoul-) clame "TODAY YOU PLAY JAZZ, TOMORROW YOU'LL BETRAY YOUR COUNTRY". Petite pensée à Anthony et Gautier, je commence a aimer cette vieille baraque. je monte les escaliers -ils grincent, et sont poussiéreux- et j'atteins ce qui va devenir ma chambre. Grande, avec des meubles, et plein d'affaires de l'ancien coloc. Jon me dit qu'on peut peindre les murs. Je crois avoir mal compris, mais il me le reconfirme en m'expliquant que le proprio est conscient que c'est une vieille batisse et que donc on peut la barbouiller à notre guise.
Il ya un jardin! un joli jardin avec plein de linge étendu, du jasmin pas fleuri et des objets de toutes sortes qui s'y entassent.
On s'assoit dans la cuisine pour discuter un peu, Jon, Julian, Stella et moi. Et il s'avère qu'on s'entend bien (en même temps, ils font du compost, alors...), même très bien, le thé à la menthe est parfait, je découvre qu'on a (euh, qu'ils ont) un studio -insonorisé- en bas, qu'ils sont tous musiciens, et... la porte sonne, c'est une autre visite. Je souris d'un air gêné et m'en vais sur les mots de Julian "It's weird, isn't it? it's like meeting an ex-girlfriend...". J'acquiesce, et m'en vais le sourire aux lèvres.
J'ai oublié mon parapluie.
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