lundi 27 août 2007

LA coloc.


J'avais trouvé cette annonce un peu par hasard. J'avais suivi Esther à Lygon St pour reprendre des annonces, j'ai gribouillé mon carnet, en essayant de repérer les annonces marrantes, qui sortaient un peu de l'ordinaire. J'en aperçois une, tout en haut, où ils disent faire du pain et de la bière. Puis une des colocs s'appelle Stella. L'idée de dire "ma coloc s'appelle Stella", ca me plaît. Appel, RDV fixé.
C'était un lundi, vers 18h. Il pleuvait à torrents, et comme j'avais l'habitude de me perdre j'étais partie pour une fois plus tot que d'habitude. Sauf que cette fois, je l'ai trouvée tout de suite. J'étais donc en avance, pour une fois, et je voulais pas faire la sotte qui arrive en avance donc j'essayais de rester dignement sèche sous mon parapluie H&M pas habitué aux bourrasques melbourniennes. J'avais noté avec satisfaction que de l'autre côté de la rue, il y avait un immense parc. La façade était étroite, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Lassée de faire semblant d'être une fille cool qui arrive 5 minutes en retard, j'appelle Jon qui m'ouvre la porte. Un long corridor, trois vélos qui se suivent, la maison est vieille, je suis partagée. puis, devant les escaliers qui mènent à l'étage, un superbe nu dessiné au fusain surplombe un vieux fauteuil mou recouvert d'un tissu coloré. enfin, je rentre dans la cuisine. Un poster (plus tard, Jon m'avouera l'avoir volé dans une exposition -un tout ptit peu saoul-) clame "TODAY YOU PLAY JAZZ, TOMORROW YOU'LL BETRAY YOUR COUNTRY". Petite pensée à Anthony et Gautier, je commence a aimer cette vieille baraque. je monte les escaliers -ils grincent, et sont poussiéreux- et j'atteins ce qui va devenir ma chambre. Grande, avec des meubles, et plein d'affaires de l'ancien coloc. Jon me dit qu'on peut peindre les murs. Je crois avoir mal compris, mais il me le reconfirme en m'expliquant que le proprio est conscient que c'est une vieille batisse et que donc on peut la barbouiller à notre guise.

Il ya un jardin! un joli jardin avec plein de linge étendu, du jasmin pas fleuri et des objets de toutes sortes qui s'y entassent.

On s'assoit dans la cuisine pour discuter un peu, Jon, Julian, Stella et moi. Et il s'avère qu'on s'entend bien (en même temps, ils font du compost, alors...), même très bien, le thé à la menthe est parfait, je découvre qu'on a (euh, qu'ils ont) un studio -insonorisé- en bas, qu'ils sont tous musiciens, et... la porte sonne, c'est une autre visite. Je souris d'un air gêné et m'en vais sur les mots de Julian "It's weird, isn't it? it's like meeting an ex-girlfriend...". J'acquiesce, et m'en vais le sourire aux lèvres.

J'ai oublié mon parapluie.

dimanche 26 août 2007

A la recherche...

... de l'appart de vos rêves. Plusieurs contraintes s'imposent à vous: il faut que ca soit proche de l'université mais pas trop cher. Un jardin, ca serait bien, quand même. Faudrait que ca soit meublé. Pas trop cher, hein. Puis bon, si ca pouvait être à côté de Brunswick St, la rue de tous les bars, ca serait bien pratique. etc etc.
Alors vous allez à l'université, dans le bâtiment Baldwin Spencer, relever quelques annonces qui vous semblent adéquates. Vous allez à Lygon St, au Readings Bookshop où des dizaines d'annonces sont affichées et changées tous les vendredis. Vous haussez un sourcil à la vue de la masse étudiante qui est là, pour la même chose que vous.
Premier appel. Vous introduisez votre premier dollar avec appréhension. Coup de chance, les précédents colocs sont francais, et m'expliquent donc très facilement comment venir visiter. Puis vous prenez le rythme et enchainez les appels, essuyez les "it's not available" ou "oh, you're not asian?" ou encore "I would like to know about your background". Mais vous êtes heureuse, car votre carnet est gribouillé de plans, de rendez-vous et de numéros.
Première visite: loin, dans une suburb assez calme de Melbourne. jolie facade victorienne. Premier pas dans la maison: c'est sale. pourtant je ne suis pas exigeante. la prétentieusement dite "meublée" chambre est sombre, avec deux matelas superposés jetés au sol. Je sors ds le jardin, oh, ils ont une cabane dans leur jardin, dans un arbre! La vue de Melbourne est magnifique, on voit la mer, et j'en oublie presque la crasse de la maison et les regards lubriques des locataires. Heureusment, quelques lubrifiants éparpillés ci et là vont me rappeler que non, malgré cette jolie cabane, je n'ai pas envie de vivre ici.
Et les visites se poursuivent, entre maison asiatique avec parquet ciré tous les jours et interdiction formelle d'inviter des gens a dormir, maison ou les locataires ne se connaissent pas, ou ils préferent étudier et cuisiner, pour finalement tomber sur LA coloc, celle que vous voulez absolument....

Premières semaines à Melbourne...

Après un long voyage,me voici en terre australe. Après avoir survolé l'Irak, l'Iran, la péninsule arabique. Après s'être arrêtée à Dubai, dans un centre commercial-aéroport luxueux où les voilées mangent goulument du Mac Do à 6h du matin à côté de riches businesswomen en talons aiguilles et lunettes Chanel. Et après avoir survolé l'immense Pacifique, je suis arrivée à Melbourne, avec deux autres filles de Pipo, Delphine et Esther. Bien sûr, vu mon organisation légendaire, je n'avais pas réservé de transport entre l'aéroport et l'auberge. Esther et Delphine sont parties en premier, moi j'ai somnolé sur mes valises en attendant qu'un gentil chauffeur veuille bien m'emmener. il était 7h du matin, le soleil se levait sur les suburbs et je découvrais avec enchantement les petites maisons victoriennes sans barricade. J'arrive enfin à l'auberge de jeunesse, on s'endort 18h d'affilée.
La première semaine à l'auberge n'était pas désagréable, malgré les heures à errer en pleine nuit, complètement décalée, à la recherche d'une distraction quelconque. Ce fut le "charmant" réceptionniste qui me l'offrit, en me proposant des jetons pour Internet gratuitement. "Love, you're not gonna pay for that..." hum.
Ce fut aussi ce qui m'a aidé à retrouver un rythme normal: je ne voulais pas quitter ma chambre de peur de devoir faire la conversation au lourdeau.
Il restera de cette auberge le souvenir d'une odeur de friture permanente, du chauffage salvateur, et surtout d'un cheese cake aux fruits rouges partagé pour l'anniversaire de Delphine.